Le liquide de refroidissement d’un camion ou d’un bus ne sert pas uniquement à éviter la surchauffe.

Sa formulation participe également à la protection du circuit contre la corrosion, les dépôts, le gel et, selon la conception du moteur, certains phénomènes de cavitation.

Utiliser un produit inadapté ou effectuer un mélange non autorisé peut donc réduire la protection du système et endommager progressivement certains composants.

Pour les véhicules utilitaires exploités en Afrique, où températures élevées, longues distances et fortes sollicitations peuvent augmenter les contraintes thermiques, le choix du liquide doit reposer sur la spécification prévue pour le véhicule.

Pourquoi la couleur du liquide ne suffit-elle pas ?

Rouge, bleu, vert, jaune ou violet : la couleur d’un liquide de refroidissement ne constitue pas une spécification technique fiable.

Deux produits de même couleur peuvent utiliser des formulations différentes. À l’inverse, des produits de couleurs différentes peuvent répondre à des exigences comparables.

Pour choisir le produit approprié, il faut donc vérifier notamment :

  • la spécification ou homologation demandée par le constructeur
  • la compatibilité avec le moteur et le circuit
  • la concentration prévue
  • les instructions concernant le mélange
  • les intervalles de remplacement applicables

La couleur peut faciliter l’identification d’un produit chez un fabricant donné, mais elle ne doit pas servir seule à déterminer sa compatibilité.

Que peut provoquer un liquide inadapté ?

Les conséquences dépendent du moteur, du produit utilisé et de la durée d’exposition.

Une protection insuffisante ou une mauvaise compatibilité peut notamment favoriser :

  • la corrosion interne
  • la formation de dépôts
  • la détérioration de certains joints
  • l’encrassement de passages du circuit
  • l’usure de composants de la pompe à eau
  • une dégradation des performances thermiques

Sur certains moteurs à chemises humides, une protection adaptée contre la cavitation peut également être particulièrement importante.

Ces phénomènes peuvent évoluer progressivement et ne devenir visibles qu’après une longue période d’utilisation.

Pourquoi la cavitation peut-elle endommager certaines chemises ?

Sur certains moteurs diesel, les vibrations des chemises et les variations de pression dans le liquide peuvent favoriser la formation et l’implosion de petites bulles.

À répétition, ce phénomène peut provoquer une érosion localisée de la surface métallique.

La formulation correcte du liquide de refroidissement fait partie des éléments pouvant contribuer à la protection du système lorsque le constructeur prévoit des additifs adaptés à cette application.

Il serait cependant incorrect d’attribuer toute cavitation uniquement au liquide : la conception du moteur, l’état du circuit, la pression, la température et la maintenance peuvent également intervenir.

Peut-on mélanger différents liquides de refroidissement ?

Pas automatiquement.

Les technologies et formulations de liquides de refroidissement peuvent différer. Certains produits sont compatibles entre eux, d’autres ne doivent pas être mélangés ou ne peuvent l’être que sous certaines conditions.

Un mélange incorrect peut modifier les propriétés de protection ou favoriser la formation de dépôts.

La règle la plus sûre consiste donc à vérifier la spécification et les instructions du constructeur, plutôt que de décider uniquement à partir des termes OAT, HOAT, silicate ou de la couleur du produit.

En cas de doute sur le liquide déjà présent dans le véhicule, la procédure de vidange et de rinçage prévue par le constructeur doit être consultée.

L’eau utilisée est également importante

Lorsque le liquide de refroidissement doit être mélangé avec de l’eau, la qualité de celle-ci peut également influencer le circuit.

Une eau présentant une teneur élevée en minéraux ou d’autres caractéristiques inadaptées peut contribuer à la formation de dépôts et affecter le système à long terme.

Il convient donc de respecter les indications du fabricant du liquide et du constructeur du véhicule concernant l’eau et la concentration à utiliser.

Pourquoi cette question est-elle importante en Afrique ?

Les conditions d’exploitation peuvent varier fortement entre les différentes régions africaines.

Température ambiante élevée, longues distances, circulation urbaine intensive, poussière ou forte sollicitation du moteur peuvent augmenter les exigences imposées au système de refroidissement.

Cela ne signifie pas qu’un liquide spécifique « pour l’Afrique » doit systématiquement être utilisé.

Le point déterminant reste la spécification prévue pour le moteur concerné, en tenant compte des conditions réelles d’exploitation.

Quels composants peuvent être affectés ?

Un problème de liquide de refroidissement ne concerne pas uniquement le moteur.

Selon le véhicule, le circuit comprend notamment :

  • radiateur
  • pompe à eau
  • thermostat
  • durites
  • joints
  • vase d’expansion
  • échangeurs thermiques
  • chemises et passages internes du moteur

Une corrosion ou une contamination du circuit peut donc affecter plusieurs composants simultanément.

Remplacer uniquement la pièce devenue défectueuse sans examiner l’état du liquide et du circuit peut conduire à une nouvelle panne.

Que vérifier en cas de problème de refroidissement ?

Lorsque des anomalies apparaissent, plusieurs éléments peuvent être contrôlés :

  • niveau du liquide
  • spécification du produit utilisé
  • concentration
  • état et contamination du liquide
  • traces de corrosion ou de dépôts
  • étanchéité du circuit
  • fonctionnement du thermostat
  • état de la pompe à eau
  • fonctionnement du radiateur et des ventilateurs
  • pression du système

Une surchauffe ou une perte de liquide ne doit donc pas automatiquement être attribuée au liquide de refroidissement lui-même.

Stockage et maintenance des flottes

Pour les ateliers et gestionnaires de flotte, il peut être utile de documenter précisément les produits utilisés sur chaque véhicule.

Cela devient particulièrement important lorsque la flotte comprend plusieurs constructeurs, générations de moteurs ou véhicules provenant de différents marchés.

Une standardisation du liquide n’est pertinente que lorsque les spécifications des véhicules permettent réellement l’utilisation du même produit.

Sinon, un produit « universel » utilisé sur toute la flotte peut créer davantage de problèmes qu’il n’en résout.

Conclusion

Le liquide de refroidissement est un élément technique du moteur et ne doit pas être sélectionné uniquement selon sa couleur, son prix ou une désignation commerciale.

La bonne pratique consiste à vérifier la spécification constructeur, la compatibilité du produit, la concentration et les règles de mélange applicables au véhicule concerné.

Pour les camions et bus exploités en Afrique, cette vérification est particulièrement importante lorsque les véhicules travaillent sous fortes contraintes et que les pièces de remplacement nécessitent des délais d’approvisionnement importants.

Un circuit correctement entretenu contribue à protéger le moteur, la pompe à eau, le radiateur et les autres composants du système de refroidissement.

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